L'avalée des avalés PDF ↠ L'avalée des eBook


  • Paperback
  • 378 pages
  • L'avalée des avalés
  • Réjean Ducharme
  • French
  • 15 April 2015
  • 9782070373932

10 thoughts on “L'avalée des avalés

  1. Betsy Robinson Betsy Robinson says:

    72420 Update A new English translation is being launched in September 2020 by Vehicule Press Available for pre order nowOriginal ReviewI learned about this book when it was referenced in the wonderful novel Lullabies for Little Criminals by Heather O'Neill The protagonist of that book a street smart twelve year old named Baby has been carrying the novel around for a couple of weeks I pulled the paperback book out from under my mattress and examined it lovingly This was how I escaped the prison She is reading the original French version L'avalée des avalés and describes it as the story of a young girl who was at once enraptured and furious with the world The person who gave Baby the novel told her that someone else has to give you this book; you can't buy itI subseuently tried to buy it but uickly learned that the English translation is out of print and costs than 600 used The library didn't have a circulating book but—o' joy—I finally managed to get a copy through their unpublicized Inter Library Loan program By the time I finally laid hands on it my desire and expectations of greatness scared me Could it possibly live up to my fantasy?Where to begin? This book is extraordinary but I would never recommend it to anybody It is dark and complicated and I think you'd only understand the development of a willfully isolated sociopath if you had grown up with an euivalent level of family dysfunction and were prone to deep introspection in other words not a sociopath yourself At the opening of the book first person protagonist Bernice is nine years old living in an abbey there are a lot of religious as well as mythological references I didn't understand on a river island in Montreal Canada and consciously choosing isolation from the ever warring parents who have divvied up possession of her and her brother She is banished to New York City for several years then finally at age fifteen to Israel in the middle of the Palestinian warWritten in the voice of a sophisticated intellectual mad philosopherpoet genius a writer's conceit that I immediately accepted Bernice deeply ponders the power of isolation and is committed to not loving with a rationale that is transcendentally and spiritually sophisticated—an understanding of oneness that is both wrong and mind blowingly right She follows the perfect logic of a person who has been destroyed by parents who are also a source of love Wires crossed to the child love becomes something to hate; survival depends on destroying anyone or thing that threatens love This is complicated stuff and the emotional line is pitch perfect The writing reels from realism to ever changing metaphors and euphemisms and dreamlike scenes It will be impossible to follow or understand for a lot of people and had I not worked so hard to get my copy of the book I might have given up But instead I surrendered the need to understand and suddenly I was understanding—understanding an experience of multi generational upset and the twisted logic that makes love dangerous and hate safe in a way that doesn't communicate in words The book is harsh painful confusing and awful particularly with animal abuse which almost did me in But for the right reader extraordinaryHere are the opening lines If they pull you like a gravitational force maybe this book is for you Otherwise leave it alone; it'll just annoy and confuse you Everything swallows me When my eyes are shut it's my inside that swallows me it's in my inside I stifle When my eyes are open I'm swallowed because I see it's in the inside of what I see that I suffocateAnd if you can read it in the original French even better I'm guessing See above link to purchase The English translation by Barbara Bray reuires the aid of a dictionary I can only imagine the French vocabulary Favorite word learned heimatlos—stateless without a country—which describes Bernice's profound exileBy the way the Goodreads rating system is completely inappropriate for this book It is not a book you like or love My 5 star rating has nothing to do with the fact that I often didn't like it at all It has to do with my awe uotient I'm in awe that Ducharme wrote this and got it published82817 Update I am so sad to learn today of the death of author Rejean Ducharme A giant literary force who lived in near obscurity I learned about him from this article than was available when I read this book a few months ago RIP and thank you M DucharmeAlso after reading this novel I wrote to NYRBcom to suggest they republish the English version In a strange synchronicity the editor who received my email replied mistaking me for an in house colleague and through this mistake I learned that they are currently considering republishing the book in English in which case it will be widely available Let us hope


  2. Pierre E. Loignon Pierre E. Loignon says:

    L’avalée des avalés est un roman dont la sombre histoire nous parvient par le biais d’une écriture très originale à la fois joueuse et mystérieuseD’abord le temps n’y est jamais donné tel uel On devine les passages ue fait Bérénice de l’enfance vers l’adolescence et la vie adulte sans repères temporels précis uniuement en lisant ce ui se produit devant nous Ensuite bien ue les évènements rapportés par Bérénice montrent bien u’elle grandit son écriture n’évolue pas vraiment Au départ elle est bien trop brillante et cultivée pour la Bérénice enfant mais elle finit par mieux coller à sa réalité à partir de l’adolescence J’ai donc trouvé en commençant ma lecture ue l’écart de maturité entre l’âge du personnage et celui de l’écriture étaient plutôt déroutants Si on tient comme moi à ce u’il s’agisse bien du récit d’une jeune femme ui soit possible dans la réalité les premiers chapitres doivent donc être considérés comme rétrospectifs Enfin et surtout j'y ai trouvé le récit d’une existence abandonnée au désespoir frénétiue Pouruoi ne pas tout simplement dire d'une existence désespérée?Parce ue le désespoir réel concret total absolu fait ressortir de l’existence où il s’incruste deux types d’états opposés selon les caractères Certains se laisseront aller aux hasards de ce ui les entoure indifférents et insensibles comme des barues abandonnées ui ballottent aux grés des vents et des marées pendant ue le temps achève imperceptiblement et d’autant plus sûrement son œuvre C’est la désespérance apathiueD’autres au contraire explosent en tourbillons d’une rage ui n’en démordra jamais Chez eux toute accalmie est tourbillon latent toute apparence de beauté de bonté de bonheur n’est u’un vague et bref interlude dont l’arrêt se fera brusuement sauvagement C’est la désespérance frénétiueLes deux stades peuvent aussi évidemment alterner chez certains mais pas dans ce romanNous trouvons ainsi les caractères opposés de Christian et de Bérénice du catholiue et de la juive du garçon et de la fillePouruoi toute cette désespérance chez ce frère et cette soeur?Est ce la faute de leurs parents? Ces parents dont les différences d’âge de culture de religion de caractère de taille de classe sociale bref dont leurs différences d’à peut près tout les avait attirés l’un à l’autre Est ce leur faute? Les contraires s’attirent comme on dit et c’est comme ça C’est tout Mais pour s’assembler il faut se ressembler comme on dit aussi et c’est aussi comme ça c’est tout Leur mariage est donc tout aussi nécessairement devenu une guerre où on se négocie un enfant pour le tourner vers l’autre où le moindre geste est une insulte une attaue pour ue l’autre disparaisse Leur monde issu d’une attirance ui s’est transformée en dégoût devient un territoire stérile à tout espéranceCe n’est donc pas la faute des parents mais de la vie de la mort de tout et de rienC’est le destin de Bérénice et de Christian mais c’est aussi le relativisme culturel l’indifférente tolérance et l’indifférence tolérante à tout sens dont on finit par perdre tous souvenirs C’est aussi l’intolérance implacable envers ce ui ne nous détermine pas dans notre horizon dénué de sens « Je ne m’oppose pas à ce u’on haïsse les Grecs Ce à uoi je m’oppose c’est u’on se croie sincèrement justifié de haïr les Grecs C’est un vice de raison Mes amis haïssons d’emblée »375 Absence de sens liberté sans horizons c’est tout le creux de la post modernité multiculturelle dans lauelle nous baignons tous plus ou moins Il y a certains caractères ui réagissent plus fortement ue d’autres à cette ambiance de fin de monde ui restent irréductiblement inaccessibles ui détruisent les restes toujours vivants avec une cruelle innocence et c’est bien là ce ue représente Bérénice On pourra bien la détester on s’y attachera difficilement mais elle est beaucoup trop loin de tout ça pour être touchée « J’ai atteint la dernière profondeur de ma solitude Je suis là où la moindre erreur le moindre doute la moindre souffrance ne sont plus possibles Je suis là où dépourvue de tout lien de toute assise de tout air ma vie par son seul fleurissement miraculeux m’enivre de puissance »350 Elle n’a plus de chaleur dans son monde Elle vit au « Soir d’hiver » de Nelligan u’elle aime tant à citer Ah comme la neige a neigéMa vitre est un jardin de givreAh comme la neige a neigéu'est ce ue le spasme de vivreÀ la douleur ue j'ai ue j'aiTous les étangs gisent gelésMon âme est noire Où vis je? Où vais je?Tous ses espoirs gisent gelésJe suis la nouvelle NorvègeD'où les blonds ciels s'en sont allésPleurez oiseaux de févrierAu sinistre frisson des chosesPleurez oiseaux de févrierPleurez mes pleurs pleurez mes rosesAux branches du genévrierAh comme la neige a neigéMa vitre est un jardin de givreAh comme la neige a neigéu'est ce ue le spasme de vivreÀ tout l'ennui ue j'ai ue j'ai


  3. Héctor Genta Héctor Genta says:

    Bérénice va alla guerraLibro strano meno semplice di uanto possa sembrare ad una prima lettura Se ci si fermasse all’apparenza ad un’analisi superficiale del tema trattato ad uno stile fatto di frasi brevi monologhi incentrati su sensazioni e sentimenti narrazione in prima persona uso di forme gergali “vaccata di una vaccata” registro stilistico proprio del ragazzino sarebbe anche troppo facile rubricare uest’opera come una delle tante che trattano il tema dell’adolescenza ormai una vera e propria narrativa di genere considerare l’autore come uno dei milioni di epigoni più o meno riusciti di Salinger e salutare nella protagonista l’ennesima “giovane Holden” che si affaccia sul panorama letterario Nulla di più sbagliato perché uesto libro è altro e Bérénice la protagonista una figura di adolescente ribelle che trova pochi uguali nella narrativa contemporaneaÈ una bambina figlia di una coppia disfunzionale di due genitori che hanno deciso di dividersi la cura dei figli La sua educazione spetta a Einberg il padre che prova a crescerla secondo i dettami dell’ebraismo mentre uella del fratello Christian è affidata a Gatta Morta nomen omen la madre che dovrebbe instradarlo al Cristianesimo Una situazione sostenibile? Ovviamente no e la vita di Bérénice sarà pesantemente influenzata dalla mancanza di a dalle assenze e dalle contraddizioni che un ambiente del genere comportaIl rischio di finire inghiottita da un mondo che reputa ostile la porta a inventarsene uno suo dove vivere in solitudine e dove organizzare le sue difese e poi passare al contrattacco Gli altri non servono sono il nemico perché è convinta che vogliano manipolarla E allora offendere per non essere offesa inghiottire per non finire inghiottita Costruirsi un castello nel uale esiliarsi non è impresa semplice specialmente se sei una bambina di nove anni Non è facile imporsi un distacco dagli affetti perché soprattutto la madre esercita un fascino al uale è difficile sottrarsi Eppure Bérénice lavora su se stessa alacremente conosce le sue debolezze e si impegna per cercare di superarle Usa la forza di volontà per soffocare le emozioni sforzandosi di fabbricarsi un’armatura di ferro una personalità forte un rifugio che la protegga dagli attacchi del un mondo Si impone di cancellare dal suo vocabolario la parola a per sostituirla con possesso Amare significa essere volubili finire in trappola preda di uei sentimenti che lei combatte Il coinvolgimento è pericoloso “ciò che importa è volere è avere ciò che si vuole nell’anima”; esercitare il potere sugli altri è “trionfare sulla loro volontà e su ciò che mi porta ad amarli” Di nuovo inghiottire per non essere inghiottitaBérénice va alla guerra ma fare guerra alle leggi di natura sottrarsi a sentimenti e pulsioni connaturate alla natura umana non è un’impresa da bambini e le crepe nelle sue difese si fanno man mano evidenti si sente brutta si scopre a provare invidia e tristezza preda di passioni che era convinta di riuscire a tenere fuori dalla porta Prova a reagire alla debolezze coltivando l’odio una furia cieca contro tutto e tutti ma la sua è una lotta impari il rifiuto di parlare e poi l’anoressia sono i segni di un coscienza che sta andando in frantumi Rabbia e pietà a e odio energia e rassegnazione indifferenza e bisogno certezze e poi dubbi più che artefice della sua vita Bérénice ne è vittima passeggera di una giostra impazzita che gira a mille all’ora e che sembra costantemente sul punto di scaraventarla fuoriIl tentativo di fuga di Bérénice dal mondo disegna una parabola destinata a trasformarsi in una discesa agli Inferi in una caduta negli abissi dell’Io che può concludersi solo con uno schianto rovinoso e con la conseguente esplosione e frantumazione della sua identità A forza di tendere uelle corde che tengono insieme le contraddizioni di cui è fatta la sua coscienza Bérénice finisce per romperle a forza di camminare pericolosamente sulla corda del borderline Bérénice scivola nella psicosi probabilmente schizofrenica Inghiottita è un libro duro un atto d’accusa verso un mondo uello degli adulti autoreferenziale e incapace di aprirsi a uello affascinante e complesso dei bambini “Se al mondo non ci fossero i bambini non ci sarebbe niente di bello” sono le parole con cui Ducharme chiude uesto volume provocatorie probabilmente eccessive ma vere


  4. Patrick Martel Patrick Martel says:

    La Bérénice du livre me dirait surement « Vacherie de vacherie ue tu es lâche toi le lecteur » Cependant elle l’aurait sans doute fait sans la ponctuation J’ai effectivement tenté de lire la version papier de L’AVALÉE DES AVALÉS de Réjean Ducharme mais sans succès Hormis la beauté des mots hormis la beauté des phrases hormis l’originalité des images demeure un récit complexe dans leuel les parenthèses à l’intérieur des parenthèses rendent incroyablement lassante la lecture du récit de cette jeune juive orthodoxe Bérénice Einberg sœur d’un catho Christian l’amour de sa vie fille cadette de la catho Chat mort Chat mot mort Chamomor et du juif Mauritius EinbergSon périple sur plusieurs années mais pas clairement chiffrées de L’île des Sœurs vers New York puis vers le Moyen Orient est fascinant mais abusivement interrompu par des épisodes censément essentiels mais combien distrayants dans le mauvais sens du terme pour le lecteur ui cherche la cohésion ainsi ue la linéaritéLa version audiobook merveilleusement lue par Pascale Bussière pendant plus de NEUF HEURES rend l’effort moindre mais certes ardu J’ai vraiment apprécié plusieurs plusieurs plusieurs passages mais de longs longs longs épisodes furent pénibles à écouter tant la pertinence ainsi ue l’exaltation étaient uasi nulles


  5. Mila Mila says:

    Réjean Ducharme n’a pas usurpé sa réputation de Salinger uébécoisNon seulement il vit en reclus mais on retrouve aussi dans son livre des éléments connus une famille dysfonctionellee et une voix juvénile ui vomit sa révolte en première personneCe long monologue hystériue m'a paru au mieux ennuyeux et au pire totalement stérileJe regrette ue ce premier contact avec la littérature uébécoise se soit fait sous de telles auspices


  6. Delphine Delphine says:

    J'ai lu ce livre dans mon adolescence je ne saurais dire exactement à uel âge mais il m'a laissé le souvenir d'un texte intense d'une histoire intrigante et poétiue je devrai bien le relire un jour


  7. Mick Mick says:

    J'ai découvert Réjean Ducharme sur ce roman J'ai lu la première page la peur au ventre Celle ui me prend lorsue j'entame l’un de ces livres adulés cette crainte de passer à côté de ne pas saisir la raison de l'engouement Ce livre m'a percuté Plus encore même ? Oui SûrementPar où commencer ? Je ne ferai pas un tour complet ce serait trop long peu vendeur aussi sûrement et d'autres le feraient mieux ue moi Peut être deux trois clés indispensables je crois pour appréhender le texte ? Ce ue j'en ai compris du moins ?D'abord ce langage Comment ça parle ? Comment et uand cette narratrice s'exprime t elle ?Il est difficile de passer à côté de la syntaxe si particulière à la phrase brève rythmée haletante percutante et hypnotiue Je reviendrai sur ce dernier mot hypnotiue À cette syntaxe s’ajoute un langage singulier Tantôt soutenu tantôt argotiue Tantôt profond et clair tantôt obscure futile et infantile Et à ce langage se greffe un temps enfin ce présent ui perturbe et bouscule ui nous fait entrer dans le feu de l’action et de sa penséeOn ne peut u’être surpris par ce choix u'a fait Ducharme de donner une telle aisance verbale à la jeune Bérénice Elle parle comme une adulte agit comme une gamine Et l'inverse Le tout sans logiue ni cohérence vis à vis de son âge réel On peut être tenté de se laisser berner par l'idée ue cette enfant si vive existe là au présent sous nos yeux elle est si charmante si consciente si amère et si subtile ue l'on semble vouloir pardonner à l'auteur cette fantaisie Pourtant il ne faut pas se laisser entourlouper L'auteur utilise un présent de narration Tout ce ui se déroule n'est ue passé Un souvenir La syntaxe d'ailleurs ne manue pas d'interpeller Tout au long du récit les phrases sont brèves le discours haché décrit dans l'instantanéité scène après scène entrecoupé d'ellipses plus ou moins longues imprévisibles La narration est posée brute comme un individu sous hypnose décrirait le fil de sa mémoire brusuement ramenée à sa conscience C'est important On a là le récit reconstruit d'une Bérénice adulte Une Bérénice portant un regard d’adulte sur les étapes de son enfance ui l’ont forgé C'est l'avalée ui parle l’adulte pas l'enfant en devenir Et ui parle d'ailleurs ? ui est cette narratrice ?Certains ont affirmé affirment ue Ducharme s'exprime directement par la voix de Bérénice ue ce roman n'est u'une manière pour lui d'exprimer ses idées ses angoisses u’elle ne serait u'un porte voix vide creux plus factice ue factice Je n'y crois pas Elle vit elle a vécu temps du récit L’enfant l'enfance est un élément indispensable pour comprendre le délire du narrateur Un délire construitBérénice incarnation de l'amour est la clé du thème abordé L'amour comme douleur insupportableSurtout Bérénice est un personnage habité Ducharme n'aurait pas pris la peine de construire et décrire sa condition de femme sa sexualité l'apparition de ses règles si elle n'avait été pour lui u'un pantin de ventriloue Le narrateur existe pleinement en tant ue personnage à minima et sinon même point de vue plus personnel a certainement existé inspiré de sa mère ? d'une amie ? d’une sœur ? de lui même enfant ? de plusieurs membres de la famille ? allez savoir Mais Bérénice pue trop la sincérité pour avoir été pensée uniuement comme un simple concept comme un outil superficiel un jouet aux contours mythologiues pour servir son sujet Bérénice vit Elle est la vie dans tout ce u'il a de plus bruyant de plus brouillon de plus exigeant et de plus humain Elle a été Elle est Elle sera Elle s'est inscrite dans le livre pour ne jamais disparaîtreJ'en viens au fond du sujet enfin de uoi ça parle ? ue nous veut elle Bérénice ? C’est uoi ce cri du cœur ?L'avalée des avalés la vallée des Lavallées matronyme de Réjean Ducharme l'avalée une descente une glissade une avalée de reproches une réprimande une rude semonce Il n'y a pas de doute possible Bérénice uppercute direct du droit œil au bord noir sur blanc Dès le départ le sujet est arrosé “ Tout m'avale uand j'ai les yeux fermés c'est par mon ventre ue je suis avalée c'est dans mon ventre ue j'étouffe uand j'ai les yeux ouverts c'est parce ue je vois ue je suis avalée c'est dans le ventre de ce ue je vois ue je suffoue Je suis avalée par le fleuve trop grand par le ciel trop haut par les fleurs trop fragiles par les papillons trop craintifs par le visage trop beau de ma mère Le visage de ma mère est beau pour rien S'il était laid il serait laid pour rien Les visages beaux ou laids ne servent à rien “Bérénice ou la peur d’aimer de souffrir de s'agripper à ce ui ne peut être retenu Bérénice ou la peur de vivre la peur de cette vie ui mène à la mortBérénice ou la peur de se faire avaler de uitter l'enfance devenir adulte de suivre le chemin gastriue de ces adultes déjà broyés par le fantôme de la mort par leur crainte d'y passer leur besoin de s'attacher d'attacher de retenir d'agripper et d'emporter tous ceux ui les entourent Bérénice l'être trop sensibleElle les hait tous ces mous ces lâches ces hésitants ces ignoreux ui remettent à demain ui hésitent ou patientent ces désespérés ui imposent font des compromis ceux ui négocient leurs petits avoirs ui dans leurs craintes de perdre oublient d'être ses parents mais nous aussi ces adultes ses destinataires lecteurs auditeurs déjà à moitié digérés avalés aveuglés perdus définitivement dans leurs compromis confortables Ils ne sont pas fiables ces adultes apeurés “ Il n’y a pas plus chien u’un être humain “Alors elle les ignore S'ils ne comptent pas ils n'existent pas“ Les plantes dont je ne sais pas le nom sont comme les êtres humains dont je ne sais pas le nom “Et ceux ui s'imposent elle les hait tous pour ne pas souffrir pour ne pas espérer ne pas avoir à aimer“ La douleur est se briser les dents en tombant d'un orme L'espérance est se briser le cœur en tombant vers le haut dans les nuages “Tout autour d'elle est sujet à cette angoisse Tout amour l'effraie la terrorise et l'arrasse Il n'y a aucun espoir Elle n'a pas le temps d’attendre Attendre c'est perdre d'avance “ Il y en a ui s'arment de patience D'autres comme moi se mettent des gants de boxe Il ne faut pas avoir de patience même de celles dont on s'arme Patience n'est u'un habit de lenteur Les compagnies d'assurance disent ue la vitesse tue La vitesse finit par tuer son homme La lenteur commence par tuer son homme “La vie est trop courte la mort imminente l’amour trop intense le lien si fragile le doute inadmissible la souffrance impensable S'il existe un lien possible u'un amour peut exister il ne peut être ue total entier et rien ne doit l'entraver Elle cherche la pureté l’innocence dans son frère dans son amie Constance les relations u'elle tente désespérément de créer“ Pouruoi tous ces détours tous ces méandres toutes ces périphrases tous ces entrechats? Pouruoi nous soumettre à de telles sottises? Filons droit au but Pouruoi attendre jour après jour pendant soixante ans? Voici ce ue j'ai dans la tête J'ai un peu d'argent Nous louerons une chambre d'hôtel et là nous ne ferons pas l'amour mais la tendresse ; et là nous ferons la tendresse jusu'à ce ue nous soyons vidés desséchés délivrés morts J'en ai assez de tourner autour du pot C'est un peu de tendresse et la mort C'est tout Il n'y a rien d'autre à attendre Allons y et en une nuit finissons en “On ne l'a déjà pas laissée choisir d'êtreOn ne lui imposera rienElle ne sera pas mise au monde Exit la mèreElle ne sera pas au monde Exit le pèreNe s'ouvrira pas au monde Exit la sociétéElle avalera le monde Elle le fera vivre en elle Elle avalera ceux u'elle aime les incorporera Elle deviendra eux et ils deviendront elles Elle imposera ses règlesElle sera le monde et le fera perdurerLe monde sera ce u'elle crée“ La vie ne se passe pas sur la terre mais dans ma tête La vie est dans ma tête et ma tête est dans la vie Je suis englobante et englobée Je suis l'avalée de l'avalé “Créatrice toute puissante d'un univers auteure auteur ; il est là Ducharme ui ne disparaîtra jamais dans leuel il n'existera plus ni souffrance ni manue ni séparation mais perdurera seulement la tendresse infinie Enfant roi enfant monde enfant percuté par l'absurdité de la vie dont le sens inconcevable est la mort Le roman débute là d'ailleurs sur cette prise de conscience Elle aura tout Elle sera tout Ou rien Et tout le récit décrit ce combat cette tentative cette uête ô combien difficile impossible vaine de ne pas se faire avalerRécit au regard clairvoyant dur sans compromission Délire de grandeur poussé à l’irrationnel frôlant l’hallucination d'un monde immanent englobé en son sein caressant le fantasme du divin et du pouvoir de donner la vie et la mortRécit dont le titre et les premières pages annoncent directement la chute la descente inéluctable son enfer personnel sa tragédie intime Pire ue ceux ui s'accrochent aux autres pour rendre leur vie supportable elle sera de ceux ui s'approprient la vie d'un autre pour survivre Elle sera la pire de tous l'avalée des avalésProfitez Vous êtes bien accompagnés


  8. Patricia Patricia says:

    J'ai lu ce livre en deux temps chacun m'ayant laissé une impression très distincteAyant déjà lu des extraits de ce roman j'étais très enthousiaste de le lire La poésie des phrases semblait délicieuse Pourtant à la longue en le lisant les métaphores et toutes les genres de poésie ui se suivaient devenaient d'une lourdeur incroyable J'ai eu de la difficulté à continuer ma lecture tellement ue c'était lourd J'ai suspendu ma lecture du livre au mois de mars et l'ai reprise à la mi juin Ma seconde lecture au contraire de ma première m'a enchantée par l'écriture énormément stylisée Je crois ue ce roman mérite une dédication totale pour être apprécié à sa juste valeur Avant lorsue je le lisais de façon fragmentée dans des voyages d'autobus je lui aurais donné deux étoiles Maintenant ue je suis en vacances et ue j'ai plus de temps à lui accorder je lui en accorde cin Je crois ue toute la crise identitaire de Bérénice et ue le fait u'elle tienne tant à blesser les autres blesser ceux u'elle aime sont dûs non seulement au difficile passage de l'enfance à l'adolescence mais aussi à ses parents anormaux ses parents ui ne sont pas capables de s'aimer et d'aimer leurs enfants Tes deux modèles ceux ui sont supposés de te montrer comment aimer s'haïssent et t'haïssent donc tu haïs ceux ue t'aimes À un certain moment on ne sait plus si on est dans l'imagination de Bérénice ou dans sa réalité J'ai aussi été surprise d'apprendre ue l'auteur a écrit le livre alors u'il avait mon âge


  9. Isabelle Isabelle says:

    Je possède ce livre depuis déjà plusieurs années mais il n'a jamais su m'accrocher Je le laissais toujours tomber dès les premières pages Finalement il m'est retombé dans les mains après ue j'aie vu ue le livre audio était disponible sur le site de radio Canada Ce n'est u'en compagnie de la voix de Pascale Bussières ue je n'ai pu le lire en entier Je n'ai pas vraiment aimé Le style d'écriture m'agace la narratrice aussi et je n'avais aucun intérêt pour ses pensées ou ses tribulations uand même contente de l'avoir lu mais surtout contente ue je puisse maintenant libérer ma bibliothèue et le passer à un autre


  10. Virginie Virginie says:

    J'ai passé la première moitié du livre à souffrir et à attendre ue uelue chose se passe notamment attendre ue Constance Chlore apparaisse pour mourir 50 pages plus loin Puis vers la moitié j'ai commencé tranuillement à embaruer et plus ça avançait plus j'aimais ça Donc je reste mitigée pour le moment c'est une lecture ue je voulais faire mais ui a été difficile Je pense ue je pourrais le relire plus tard et mieux comprendre et apprécier Tout de même je retiens la puissance de la passion de Bérénice Einberg sa folie sa totale indifférence au monde ui l'entoure et sa volonté de ne faire ue ce u'elle veut C'est uand même beau ça


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L'avalée des avalés❴Read❵ ➵ L'avalée des avalés Author Réjean Ducharme – Thomashillier.co.uk “Tout m’avale Je suis avalée par le fleuve trop grand par le ciel trop haut par les fleurs trop fragiles par les papillons trop craintifs par le visage trop beau de ma mère” L’Avalée des av “Tout m’avale Je suis avalée par le fleuve trop grand par le ciel trop haut par les fleurs trop fragiles par les papillons trop craintifs par le visage trop beau de ma mère” L’Avalée des avalés premier roman de Réjean Ducharme s’ouvre sur ces mots L'avalée des eBook Î crus douloureux vibrants ces paroles d’écorchée vive ui immédiatement nous happent “Tout m’avale” scande la narratrice et nous voilà nous aussi immédiatement “avalés” pris à la gorge par la douleur vive de cette héroïne ui s’agrippe de toutes ses griffes à l’enfance alors même ue son corps est en train de la trahirElle s’appelle Bérénice elle a une famille – un père juif une mère catholiue – u’elle hait elle a un arbre un “navire” où elle aime se réfugier “uand je ne sais plus uoi faire je m’embarue Larguez les continents Hissez les horizons Ici on part” Et nous partons Loin sur les ailes de son imagination Le plus loin possible de sa douleur de la vie de la petitesse des humains.


About the Author: Réjean Ducharme

Nous en connaissons peu sur la vie personnelle de Ducharme Jusu'à maintenant il refuse toutes demandes d'entrevue et demeure en retrait de la sociétéRéjean Ducharme devient l'un des écrivains les plus influents du uébec avec son premier roman L'Avalée des avalés publié chez Gallimard L'avalée des eBook Î L'oeuvre est très bien reçue et est même nominée cette année là pour le Prix Goncourt soit la rec.